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lundi 29 juillet 2013

Législatives: la CENI confrontée à une insuffisance de moyens financiers

L'insuffisance des moyens financiers nécessaires pour l'organisation des élections législatives prévues le 24 septembre 2013 risque de causer un préjudice sérieux à l'évolution normale du processus électoral guinéen très attendu, sans véritable succès à la satisfaction de parties prenantes engagées dans cette bataille législative. Selon les estimations faites récemment par le département des opérations de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le budget prévisionnel pour l'organisation sans faille du scrutin législatif projeté autour de 12 millions de dollars, l'Etat guinéen n'a débloqué que 2 milliards de francs guinéens, soit 285 milles dollars. Ce qui signifie qu'il y a une nécessité urgente de combler le gap financier de 80 milliards francs guinéens, soit 11,4 millions de dollars, avec la clémence et la bienveillance des partenaires au développement de la Guinée. Or, à écouter de plus près les membres CENI et les acteurs politiques de premiers rangs concernés, cette carence de financement due surtout à la réticence des "anciens" partenaires électoraux tels l'Union européenne (UE), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui n'ont manifesté aucune intention de participer au bouclage du financement des étapes du processus électoral. Cette situation est d'autant plus inquiétante et angoissante pour le gouvernement guinéen, et le président de la CENI Bakary Fofana entouré de plusieurs commissaires responsables de départements techniques a lancé cette semaine le cri d'alarme pour alerter les leaders des partis politiques et la communauté internationale sur ce qui pourrait advenir si la CENI ne mobilisait pas les fonds nécessaires pour respecter le chronogramme préalablement fixé par consensus. Faute de consensus, les troubles sociaux enregistrés dans le pays durant les multiples manifestations politiques organisées par l'opposition ont fait perdre 30% des recettes publiques à l'Etat guinéen, par rapport aux objectifs prédéfinis dans la loi de finance 2013.Ainsi, n'étant pas en position d'assurer le financement de la tenue des élections, le gouvernement et les acteurs politiques du pays entendent se tourner vers la communauté internationale et les partenaires bi et multilatéraux capables de mettre "la main à la poche'' pour éviter un nouveau décalage dans le déroulement des activités du processus électoral.Dans une déclaration publique à la presse nationale, le porte-parole de l'opposition radicale Aboubacar Sylla a invité l'organe chargé de la tenue du scrutin à développer une synergie et une approche convaincante vers les partenaires au développement afin d'obtenir les moyens financiers et d'accomplir ainsi sa mission régalienne.
Il est évident que la CENI fait face à un véritable casse-tête pour venir à bout de toutes les opérations et les différentes activités pouvant corroborer à la réussite des élections législatives libres, transparentes et crédibles.
La commande, la confection, l'acheminement et la distribution d'environ cinq millions de bulletins de vote avec toute l'arsenal sécuritaire nécessaire, ne semblent pas être une chose aisée, eu égard à la défaillance de budget de fonctionnement non disponible ce jour.
Faut-il rappeler que si le récent dialogue politique inter-guinéen piloté par un collège de facilitateurs dont celui désigné par les Nations Unies Saïd Djinnit a permis d'obtenir un accord global de sortie de crise pour l'organisation des élections inclusives, et les parties prenantes du dialogue n'ont cependant pas définit les paramètres qui entrent en jeu pour la mobilisation des fonds indispensables à l'organisation desdites élections.
Certes, un appel sera lancé à la communauté internationale et la société des bailleurs afin de venir au secours de la Guinée en difficulté économique et financière, mais cela ne pourrait pas suffire pour déclencher la dynamique de mise à disposition des fonds que le pays pourrait avoir besoin avant de commencer l'opération électorale sur l'ensemble du territoire national.
Et c'est pour cette raison que la CENI a permis de faire une acrobatie pour se tordre la main et revoir à la baisse son budget jugée faramineux par les financiers qui y mettent l'argent de leurs contribuables, dans le processus électoral du pays.
Ce budget avait été fixé à 11 millions de dollars puis haussé à 17 millions de dollars, avant d'être ramenée en fin de compte à 12 millions de dollars américains, soit 84 milliards de francs guinéens (en monnaie locale du pays).
Au dire du président de la CENI, les prévisions financières destinées aux FOSSEPEL (Forces spéciales pour la sécurisation du processus électoral) ont fait l'objet de rabais en faveurs d'autres aspects plus urgents dans la chaîne du processus.
Cependant la sécurisation du processus des élections nécessitera la mobilisation de plus de 16 mille agents de forces de l'ordre dont 8 mille policiers et 8 mille gendarmes, qui seront formés, dotés de matériels de travail et déployés sur l'ensemble du territoire national, pour éviter les dérapages avant, pendant et après les élections législatives.
Xinhua

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